La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), les prises de position de la Belgique contre Joseph Kabila et les tensions politiques autour du pouvoir de Félix Tshisekedi dominent l’actualité de la presse congolaise ce jeudi. Au Kasaï-Central, des députés provinciaux de l’UDPS critiquent le bilan du gouverneur Joseph-Moïse Kambulu, tandis qu’à Kinshasa, le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, fait face à une menace de motion de défiance.
La création du Front pour la refondation de la nation (FRN) continue de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. Le Potentiel invite la coalition C64 à clarifier sa ligne politique. Entre les exigences d’un dialogue inclusif et les préoccupations liées à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, le silence de cette coalition soulève des interrogations. L’opinion attend désormais une prise de position claire sur ses principes et les limites de sa démarche politique.
De son côté, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), relayé par Forum des As, appelle Joseph Kabila à renoncer au recours aux armes et Félix Tshisekedi à respecter la Constitution. Cette position a été exprimée dans une déclaration rendue publique mercredi à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
Pendant ce temps, la Belgique hausse le ton contre Joseph Kabila. Dans une déclaration officielle dont La Prospérité a obtenu copie mercredi, Bruxelles a réaffirmé son soutien à la souveraineté congolaise et aux efforts de paix en RDC, tout en critiquant la création du Front pour la refondation de la nation.
Qualifiant cette démarche de « profondément illégitime », le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, souligne le contraste entre le parcours institutionnel de Joseph Kabila, ancien président de la République, et son engagement à la tête d’une organisation politico-militaire intégrant le M23, rapporte Infos27. Bruxelles affirme également suivre de près les conséquences de cette recomposition politique sur le terrain.
Dans le même contexte, Actualité.cd indique que Maxime Prévot a réaffirmé le soutien de la Belgique aux processus diplomatiques de Doha et de Washington, malgré la lenteur des avancées et la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
Trente ans après le massacre de l’hôpital de Lemera, au Sud-Kivu, Human Rights Watch appelle à une mobilisation internationale contre l’impunité en République démocratique du Congo. Selon Infos27, Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes de cette organisation, réclame des poursuites contre les responsables présumés, la fin du soutien aux groupes armés et la mise en place d’un mécanisme judiciaire internationalisé, alors que les violences persistent dans l’Est du pays.
Tensions autour de Félix Tshisekedi
Dans un autre chapitre, le président de l’UDPS, Augustin Kabuya, a rejeté les accusations présumées de corruption et de blanchiment d’argent visant des proches du chef de l’État congolais en Belgique. Cité par Radio Okapi, il dénonce une démarche destinée, selon lui, à ternir l’image de Félix Tshisekedi dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires.
En réaction, le vice-Premier ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a rejeté les soupçons liant les perquisitions menées par la justice belge dans des résidences associées à la famille Tshisekedi aux divergences diplomatiques autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, rapporte Ouragan.cd. Il récuse toute tentative de présenter ces opérations judiciaires comme un instrument politique de Bruxelles.
Muhindo Nzangi menacé d’une motion
Dans le reste de l’actualité, le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, est visé par une motion de défiance annoncée par la députée nationale Bolumbe Bakando pour ce jeudi 22 octobre.
D’après Le Potentiel, cette initiative fait suite aux réponses du membre du gouvernement à une question orale avec débat, jugées insuffisantes par l’élue au regard des préoccupations soulevées devant la représentation nationale.
Selon Infos7.cd, la députée nationale Bolumbe Bakando Hermione reproche notamment au ministre un présumé détournement de 57 millions de dollars américains décaissés par la Banque africaine de développement pour financer l’entrepreneuriat agricole des jeunes. Ces accusations restent à établir.
Kasaï-Central : Kambulu critiqué par des élus de l’UDPS
Au Kasaï-Central, le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu est confronté à des critiques de députés provinciaux membres de l’UDPS. Dans une déclaration transmise à Actu-Service.net, ces élus dénoncent l’absence de résultats significatifs dans la mise en œuvre du programme de développement provincial.
Ils pointent notamment les retards dans la réhabilitation des routes de desserte agricole, la construction de ponts ainsi que la réalisation d’infrastructures scolaires et sanitaires, à Kananga comme dans les cinq territoires de la province.
Ces critiques interviennent alors que les attentes de la population restent importantes en matière d’infrastructures et de développement local.
Fils Benoît Mukoko dans le viseur de la justice
Autre dossier : l’affaire Fils Benoît Mukoko prend une nouvelle tournure, selon Actu-Service.net. Après les condamnations exprimées par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et les mesures annoncées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), la pression s’accentue autour de ce membre de l’UDPS.
Selon La Référence Plus, le parti présidentiel s’est désolidarisé de ses propos, tandis que le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a saisi le procureur général près la Cour de cassation.
L’IGF échange avec le monde académique
Nous terminons cette revue de presse avec La Percée, qui s’intéresse à la rencontre organisée par l’Inspection générale des finances (IGF), mercredi 21 et jeudi 22 octobre, au Salon Congo du Pullman Hôtel, à Kinshasa.
Cette rencontre réunit des acteurs du monde académique, des experts et des responsables publics autour d’un enjeu majeur : améliorer la gestion des ressources de l’État, notamment celles mises à la disposition des universités et des instituts supérieurs.
Tapie Lutunu
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